23/03/09 - Les parcs nationals de la Patagonie
'Tierra del Fuego' signifie litteralement 'La Terre du Feu'. Ce sont les feux des Indiens qui ont inspires les premiers explorateurs europeens a baptise la region ainsi. Separe du continent par le detroit de Magellan, Tierra del Fuego represente l'ile la plus grande de l'Amerique du Sud. Que Ushuaia proclame d'etre la ville la plus sud du monde sur le continent reste donc discutable. Si le bout du monde peut quand-meme se trouver sur une ile, pourquoi l'honneur ne vient-il pas a la ville chilienne de Puerto Williams qui se situe sur une ile encore plus au sud? La fierte des Argentins doit y etre pour quelque chose et ce n'est pas le seul exemple. Ayant perdu la guerre des Falklandes les Argentins continuent a considerer ces iles comme leur territoire. Les 'Islas Malvinas' sont clairement indiquees sur les cartes du pays et grand nombre de monuments rendent honneur a leurs soi-disant heros de guerre.
On visite le parc national de Tierra del Fuego. Un barrage en forme de U y represente la construction ingenieuse d'une colonie de castors toujours active. Notre patience se voit recompensee quand a deux reprises un habitant s'aventure hors de sa maison.
Bien que l'Antarctique est plus pres que jamais cette destination elitaire ne rentre pas dans notre budget. Apres avoir visite le parc on quitte le 'pseudo-bout-du-monde' dans l'unique direction possible (en voiture...). En route vers le nord on s'arrete a la seconde ferme du baron de la laine Jose Menendez. La estancia de 150.000 hectares (!!!) pretend d'avoir le plus grand hangar de tonte du monde entier. Pour une fois ce n'est pas un mensonge! Le batiment impressionnant en tôle rouge couvre une surface enorme. A part des cases, necessaire pour trier les moutons, il y a une presse de laine et pas moins de 30 places pour les tondeurs. Aujourd'hui la ferme ne tourne plus a sa capacite maximale avec 'seulement' 38.000 moutons tenus sur 'seulement' 61.000 hectares. Pour exploiter ses terrains, la estancia a trouve le chemin vers le tourisme en offrant des logements de luxe aux amateurs fortunes de la peche et du golf. Vu qu'on ne fait pas partie de cette derniere categorie et que la saison de tonte s'est malheureusement terminee au mois de janvier, on reprend la route. On passe la frontiere avec le Chili pour se rendre a Puerto Natales. La petite ville forme le point de depart pour explorer le parc national le plus connu de la Patagonie: Torres del Paine. Mais avant de mettre les chaussures de marche on a quelque chose a feter. Au jour de l'anniversaire de Henk cela fait exactement 16 mois qu'on voyage. Nous trinquons sur ce double evenement dans notre hotel (exploite par un Breton) avant de conclure la soiree avec un dîner au resto et... un gateau de surprise.
La vie de fêtard ne dure pas car le lendemain il est temps de se preparer pour la randonnee. Dans le parc de Torres del Paine on veut faire le grand circuit et on compte, si tout se passe bien, sur une excursion d'au moins 8 jours. Les sacs a dos pesent plus que voulu mais on a guere le choix. A part la tente, les matelas et les sacs de couchage on est oblige d'emmener un rechaud a gaz et de quoi a manger durant une semaine. Les premiers jours ne se passent pas sans peine. On doit surmonter des douleurs musculaires inevitables, des centaines de moustiques prêt a l'attaque et un vent patagonien tenace. Neanmoins notre excursion a pied devient une aventure inoubliable. Chaque matin on a la chance de se lever avec un ciel eclatant. Apres avoir decouvert l'efficacite du vent comme insectifuge, meme ce dernier ne sait plus nous deranger. Au fil des jours les provisions diminuent et les sacs a dos deviennent plus leger. Quand on atteint le sommet du parcours on a entierement retrouve la forme et le rythme de marche du Nepal. On complete le circuit de 130 km dans les 8 jours comme prevu. Des paysages comme des cartes postale forment largement la recompense de nos efforts. Une plaine de glace aux teintes bleues qui s'etend a perte de vue, des glaciers avec a leur pied des lacs laiteux remplient d'eau de fonte, des pentes rocheuses menant a des sommets en granit; la variete des paysages qu'on traverse est enorme. Quand on retrouve finalement la voiture on celebre notre retour presque comme une victoire!
Une fois de plus c'est avec patience qu'on passe les formalites de frontiere. De nouveau en Argentine on fait nos premiers kilometres sur la route legendaire numero 40. Elle traverse le pays litteralement du nord au sud et est devenue renommee grâce a ses 5000 km de route non-goudronnee. Bien que de nos jours il n'y a que quelques sections qui demeurent en gravier, le passage nous coute quand-meme les 2 pneus en arriere. Si on reussit a ramener la voiture jusqu'a Santiago de Chili sans faire d'autres frais, on pourra s'estimer heureux...
Au parc national 'Los Glaciares' on rend une visite obligatoire au glacier Perito Moreno. Des platformes sur des niveaux differents nous donnent une vue superbe sur les dizaines de kilometres de glace. La masse dynamique represente un spectacle audiovisuel. La progression journaliere de la glace de 2 metres au centre du glacier, contrarement a seulement 60 cm aux bords, provoque des crevasses qui se forment sous un bruit de tonnerre. De temps a autre des grands morceaux de glace se detachent de la façade. Quand les vagues disparaissent l'iceberg commence a son dernier voyage, avant de redevenir de l'eau apres fort longtemps. Dans le meme parc on se prepare pour encore une randonnee de plusieurs jours. Le temps est venteux et le sommet de la montagne Fitz Roy se montre degage. A partir du camping une escalade matinale nous recompense avant une vue rapprochee avant l'arrivee des nuages. Dommage pour ceux qui se sont leves trop tard! Au bout de 2 jours de marche on atteint, a l'autre cote du parc, un deuxieme point panoramique. De nouveau un glacier apparait et le parc 'Los Glaciares' prouve une fois de plus comment il merite bien son nom.
On reprend la route 40. Sur notre chemin on trouve la curiosite de la 'Cueva de las manos' (la grotte des mains). Des peintures bien conservees, qui datent de 7000 av. J.-C., nous y montrent pas moins de 800 images de mains. La technique utilisee explique pourquoi il s'agit des mains gauches dans 90% des cas, mais du reste, la signification des peintures n'est pas eclaircie. On poursuit le chemin. Plus dans le nord le paysage de pampa monotone se transforme brusquement. On est arrive aux alentours de Bariloche et de son parc national Nahuel Huapi. Des collines boisees et des tas de lacs caracterisent la region, qui ne se fait pas sans raisons comparer avec la Suisse. On y trouve des chalets en bois, des chiens Saint Bernard avec un tonneau sous le menton prêt a poser pour la photo et grand nombre de chocolateries bien approvisionnees. Dommage qu'en cette saison chaque trace de neige manque sur les pistes de ski. Les bois ne nous inspirent pas pour faire une autre longue randonnee. On prefere de s'installer a la salle de concert car notre sejour a Bariloche coïncide avec un festival de tango. Quelques moments de passion en Suisse argentine comme arriere-gout de Buenos Aires...