Est-ce que nous publions de moins en moins frequent une histoire sur le blog ou est-ce que nous voyageons de plus en plus rapide? En tout cas c'est une constatation que depuis la derniere publication nous avons traverse cinq pays...
Apres notre cruise aux iles Galapagos l'avion nous depose a Lima, la capitale du Perou. On consacre quelques jours a la visite de la ville. Dans le musee de la nation on decouvre une exposition touchante sur le regime de terreur qui a marque le pays dans les annees '80 -'90. Heureusement, il y a de quoi a se rejouir, car sur la place centrale des concerts au profit de Telethon ont reuni une foule enorme.
On reorganise notre voiture qui, apres un conge bien merite de 15 jours, doit nous emmener vers le Sud. A Ica on profite d'une halte pour une visite guidee dans une des maisons de vin qui sont typiques pour la region. On apprend comment la boisson nationale du Perou s'y fabrique. Le pisco est un cognac a base de raisins qui apres fermentation dans des vases en ceramique se distille a un pourcentage d'alcool de 43%. Suite a une degustation reussie, notre bouteille de Ricard recoit de la compagnie locale... Notre prochaine halte se fait dans la ville de Nasca, connue pour ses 'lignes et figures' qui representent jusqu'a nos jours un mystere archeologique. Dans le paysage desertique des gens (ou plutot des extra-terrestres???) ont soigneusement decoupe la premiere couche de terre, cuite par le soleil, pour ensuite realigne les morceaux obtenus. Ainsi des lignes et des figures gigantesques ont ete dessinees, mais dans quel but? Pour bien se rendre compte de l'ampleur du phenomene, on survole la vaste plaine avec un avion a cinq places. Nombre de theories ont tente d'apporter une explication et selon la plus plausible il s'agit de faire honneur aux Dieux de la pluie. Il faut croire que les prieres ont ete entendues, car selon les recherches l'empire Nasca s'est effondre suite a des pluies destructives!!
On est deja la veille de Noel et avant de reprendre la route on s'arrete dans un cafe internet pour transmettre nos voeux a la famille. Au retour une mauvaise surprise nous attend: pendant notre absence notre voiture a ete cambriolee. Une serrure forcee est la premiere indication et apres inspection la plupart de nos bagages a disparue. Comment cela a pu se produire en plein jour? A seulement 20 metres deux agents font circuler le traffic et sur la place se trouvent plein de gens. Que personne n'a rien vu est theoriquement impossible mais notre enquete n'abouti biensur a rien. Desespere on se realise que tous nos disques de photos, graves depuis notre arrivee en Amerique latine, ont egalement disparus. L'Amazone dans le nord de la Bolivie, la plaine de sel de Uyuni et tous les animaux des iles Galapagos sont devenus des souvenirs sans images. Il nous reste plus qu'a obtenir une declaration de la police, ce qui semble loin d'etre evident. Avant de motiver suffisamment le policier de service de faire son rapport on est oblige de passer par la banque pour payer une taxe. Ce qu'il ne faut pas faire pour prouver qu'on s'est fait voler! On essaie d'au moins faire quelque chose et a plusieurs endroits centrales a Nasca on affiche un message au voleur. Notre demande de nous rendre nos photos contre une recompense de 200 US dollars rest (comme prevu) sans consequence... On quitte la ville et ce n'est que dans les jours qui suivent qu'on decouvre reellement ce qui nous a ete vole: la liste des objets disparus ne fait que se rallonger.
Arrive a Cuzco on visite les ruines de Ollantaytambo et petit-a-petit on retrouve la morale. On se trouve dans le coeur meme de la culture Inca et l'attraction touristique la plus celebre du Perou nous attend: la ville perdue de Machu Picchu. Bien qu'on dispose de notre propre voiture il n'y a que deux facons d'atteindre le site archeologique: a pied ou en train. La rondonnee n'est pas bon marche et n'est autorise qu'en groupes accompagne d'un guide officiel. On opte pour le train mais le prix du billet et l'entree du site sont ridiculeusement cher. Le Perou sait comment exploiter ses touristes!!! Pour notre visite on est bien trop matinale car a 5h30 les ruines se cachent encore derriere une brume dense. Petit-a-petit et grace au soleil Machu Picchu nous rend son visage. Curieux de savoir que les conquereurs espagnols n'ont jamais decouvert cette ville Inca, tout comme le fait que les raisons pour lesquelles la ville a ete abondone demeurent un mystere jusqu'a nos jours...
De retour a Cuzco le temps est venu d'inaugurer la nouvelle annee. C'est avec une parrillada (un plat typique de viande grillee) qu'on celebre l'evenement, avec 6 heures de retard par rapport a l'Europe. Quand un peu avant minuit on se join a la foule qui s'est reunie sur la place, on a des raisons de s'inquieter. Chacun y allume son propre feu d'artifice et que 2009 fait sa rentree sans aucun accident est presque le premier miracle de l'annee!
Avec la prochaine destination notre voyage au Perou se termine bientot, car le lac de Titicaca forme la frontiere avec la Bolivie. Une vraie curiosite sont les 'Islas Flotantes' qui se situent non loin du port. Dans le temps, le peuple de la tribu Uros s'est isole sur ces iles flotantes dans le but de fuire les Incas combattants. Aujourd'hui ils continuent a exister uniquement comme attraction touristique. Leurs maisons tout comme leurs bateaux sont contruits d'un roseau local et la facon de travailler ces tiges maniables temoigne d'une veritable habilete. On passe la frontiere et a Copacabana on s'embarque pour l'ile du soleil. Selon la legende, l'ile est consideree comme le lieu de naissance des premiers Incas... et du soleil meme. Qui aurait cru que le soleil a la nationalite Bolivienne?!
Selon notre plan initial il n'etait pas prevu de repasser par La Paz. Par contre, suite au passage du voleur on change notre itineraire et dans la capitale on rachete les souvenirs boliviens qui nous ont ete voles. Mais egalement notre etape suivante a un rapport avec le meme evenement. Le fait d'avoir perdu tous nos photos nous fait decider de retourner a la 'Salar de Uyuni'. Au bout de 600 km de pistes mauvaises un drole de surprise nous attend: l'arrivee de la saison de pluie a inonde la plaine de sel. On ne peut a peine croire nos yeux! L'eau ne semble pourtant pas arreter les voyages organises, qui entreprennent la traversee avec des voitures a quatre roues motrices qui portent toutes une protection sous le moteur. Apres avoir suspendu une bache en plastique on se lance egalement dans l'aventure. Encore heureux qu'on arrive a suivre une autre voiture parce qu'avec l'eau il est extremement difficile de se reperer. Au bout de 40 km la situation devient suffisamment seche pour camper et on decide de rester deux jours sur place. Pendant qu'a Chantegrue les conduites d'eau sont gelees on atteint le stade de pre-coup de soleil... Le retour n'a rien d'evident et a defaut d'un predecesseur on fait quelques plongees trop profondes. La voiture s'arrete en malgre que le moteur tempe dans l'eau elle decide de redemarrer. Quel soulagement! On lui doit au moins un bon lavage...
Traverser la Bolivie prend quelques jours et traverser sa frontiere avec l'Argentine ne prend pas moins de quatre heures, avant que tous les fonctionnaires se sont decides de tamponner les documents necessaires. A la suite de l'obligation de conduire les phares allumes, notre oubli resulte a trois reprises en une batterie epuisee. Sans l'aide des argentins accueillants on aurait eu du mal a parcourir les 1500 km jusqu'aux chutes celebres de Iguazu. Au moins l'aventure ne manque pas!
Pour visiter les chutes on commence par le cote argentin. La riviere Iguacu rencontre un plateau qui s'arrete d'une facon abrupte. Sur une distance de 2 km l'eau chute 80 metres souvent formant deux etages. Les metres cube d'eau qui tombent par seconde rendent le spectacle plus qu'impressionnant. Le cote bresilien des chutes donne une vue plus panoramique. A defaut de ne pas decouvrir les toucans dans la reserve naturelle on visite le parc aviaire, ou on rencontre nos amies les grues.
Le barrage de Itaipu forme une excursion interessante et une visite guidee nous explique le fonctionnement de la centrale hydro-electrique la plus grande du monde. Dans les tuyaux enormes l'eau de la riviere Parana chute sur 120 metres, pour finalement se voir liberer 40 metres sous le niveau meme de la riviere qui continu apres le barrage. La violence naturelle actionne des turbines, qui distribuent 90% de l'electricite du Paraguay et 25% de l'electricite du Bresil. Bien que personne ne parle de l'impact du projet sur l'environnement l'investissement a ete fait dans une energie propre et durable. La France pourrait suivre l'exemple...
Au Bresil on prend la route vers l'est pour finir le mois de janvier sur les plages bresiliennes toujours ensoleillees. Meme des vacanciers comme nous, qui se fatiguent seulement en traversant le monde, meritent de temps en temps une petite semaine de vrai conge (?)!
Pour le lecteur attentif il nous reste plus qu'a mentionne que l'histoire du blog est une production du Uruguay. Par contre, au moment que cette histoire se lit, nous nous trouvons peut-etre deja de nouveau en Argentine...