La route la plus directe de la cote du Bresil a la capitale d'Argentine traverse le petit pays de Uruguay. La distance aurait pu se faire facilement en une journee, si ce n'etait pas que notre voiture n'en pensait pas pareil. A l'interieur du pays elle s'arrete au plein milieu d'une longue pente. Par toute coïncidence notre endroit pour tomber en panne ne semble pas si mal choisi, car a l'autre cote de la route se trouvent deux garçons avec une voiture d'epoque stationne a cause d'une crevaison. Cela fait 48 heures qu'ils attendent une nouvelle roue, alors ça promet... Pourtant la chance est de notre cote quand peu de temps apres leur fournisseur d'un pneu devient notre depanneuse. Le camion qui nous remorque est un chevrolet magnifique d'au moins 50 ans. Peniblement il nous emmene a Paso de los Toros, la ville la plus proche. Notre depanneur Alejandro semble plutot etre un ferrailleur et d'une façon inattendue la Nissan Terrano reçoit une place dans son jardin entre la ferraille et des voitures d'epoque a moitie demontees. Bien que le mecanicien constate assez rapidement que la panne est dû a une pompe a essence defectueuse, il ne semble loin d'être evident de trouver une autre qui puisse la remplacer. Malheureusement la petite ville ou on se trouve n'a rien de bien fascinant, a part de sa statue d'un taureau geant. Apres avoir fait une etude approfondie de notre voisin le plus pres, une Plymouth rose de l'annee 1934, il nous reste plus qu'a patienter. Bien que notre hôte est tres accueillant on le rebaptise avec le nom 'Don Alejandro Tranquilo', car on campe finalement 3 nuits dans son jardin entre la ferraille avant de pouvoir reprendre la route...!
La joie de poursuivre notre chemin est d'autant plus grande. Arrive au sud on s'etonne de la côte de grand standing de Punta del Este. On se donne quelques jours a la plage pour revenir de nos dernieres aventures avant de continuer pour la capitale. Apres Montevideo on se dirige vers Colonia del Sacramento, d'ou plusieurs bateaux par jour partent pour Buenos Aires. La traversee de moins d'une heure vaut 150 euros et l'existence des ponts internationaux nous fait opter pour cette solution meilleur marche. Quand suite a une manifestation frontaliere 'de longue duree' le premier pont se trouve ferme depuis deja 2 ans, on est oblige de passer par le deuxieme pont qui se trouve plus dans le nord. Avec un detour de 500 km on peut être content que l'essence ne vaut pas chere, bien que notre benefice devient encore plus douteux quand des policiers corrompus nous arretent un peu avant la capitale. L'amende pour avoir circule soi-disant a 75 km a l'heure au lieu de 60 est de 250€, a payer sur place. Quoique, apres discussion la photo prise semble pouvoir s'effacer contre une "donation" sous la table de 25€...

Finalement on arrive a Buenos Aires ou on gare la voiture dans un parking souterrain (esperons en securite?!). Dans le centre on part a la recherche d'une chambre d'hôtel qui se trouve a proximite d'une maison de tango renommee. Pour prendre des forces pour notre premiere leçon de danse on se met a table dans un restaurant de 'parrilla' recommande. La qualite de la viande argentine est impeccable, mais le conte que les biftecks ne tiennent a peine dans l'assiette date sans doute d'avant la recession economique... On conclut le dîner avec une visite a la cave a vin du restaurant qui compte plus que 900 etiquettes.
A notre ecole de danse on reçoit au total 8 heures de cours de Pablo et de Valeria. Bien que nos premiers pas sont plutôt hesitants la musique est entrainante et pleine de passion et le moment venu de notre dernier cours, c'est avec plaisir qu'on aurait echange nos sandales malcommodes pour une paire de chaussures de danse elegante. Etre des voyageurs du monde peut avoir ses inconvenients. Le soir c'est au 'Cafe Tortoni' qu'on voit le travail des professionnels. Il n'y a plus une place libre pour admirer la virtuosite du pianiste, la bravoure du chanteur et la perfection des pas des danseurs.
Mais Buenos Aires represente plus que le tango. La visite de la capitale nous mene dans les differents quartiers de la ville. En suivant les routes pavees on aboutit a San Telmo. A La Boca se sont des ruelles aux maisons colorees qui nous font decouvrir le stade de football repute des 'Boca Juniors'. A Recoleta on trouve la tombe de Evita Peron. Le vrai centre historique se concentre autour de l'avenue de Mayo, ou se trouvent la pyramide de l'independance, la maison presidentielle et le palais du congres. Mais egalement l'axe routier principale de la ville vaut la peine a voir. Avenida 9 de Julio, avec ses 16 voies, pretend même être la plus large avenue du monde. Bien que, au bout de presque 16 mois les expressions de "plus grand, plus haut et plus large du monde" commencent a perdre pour nous leur credibilite...
En dehors de la ville on visite une 'Estancia Gaucho' soi-disant authentique, mais apres la journee on revient vaccine pour de bon en ce qui concerne la participation a des voyages organises. Au lieu d'une ferme on trouve une attraction purement touristique d'ou les gauchos ont disparus depuis fort longtemps. La balade a dos de cheval se traduit par un circuit de 5 minutes avec des chevaux qui connaissent le chemin aussi bien sans cavalier. Il vaut peut-être mieux qu'on ne rentre pas en detail sur la necessite d'un escabeau pour la monture... A l'heure du dejeuner la parrilla (barbecue) se fait accompagne d'un vin acide (ou est-ce que c'etait du vinaigre a vin?) Pendant le repas les gens se divertissent avec un mauvais spectacle de folklore et le plus que la journee avance le plus qu'on se pose la question ce qu'on est venu faire ici?! Habitue a suivre notre propre chemin on se voit faire partie d'un tourisme de masse d'une façon totalement involontaire. La demonstration du jeu de l'anneau represente encore le meilleur moment. En plein galop les cavaliers tentent de recuperer, a l'aide d'un baton, l'anneau metallique suspendu a une poutre. La vitesse et la precision font le meilleur cavalier. Cette fois-ci ils semblent avoir oublie d'emmener leur escabeau...

On quitte Buenos Aires pour suivre une seule route vers le sud qui mene litteralement au bout du monde. Le trajet de 3240 km jusqu'a Ushuaia traverse un paysage monotone des plaines de pampa. A part de l'herbe a longue de vue et quelques animaux broutants il n'y a strictement rien a voir et a mi-chemin on s'arrete a le côte est pour visiter la reserve naturelle de Cabo dos Bahias. Une colonie de pingouins de Magellan s'y est installee pour la nidification. Apres avoir pondu deux oeufs au mois d'octobre, les parents se chargent tous les deux de defendre le nid, d'incuber les oeufs et de nourrir les petits. Tandis que les nouveaux-nes remplacent lentement leur premier duvet, les groupes de juveniles (nes l'annee d'avant) muent en fevrier le plumage vers celui de l'adulte. Pendant cette mue annuelle, qui prend environ 2 semaines, les pingouins restent sur terre et ne se nourrissent pas car ce n'est que quand le vent a emmene les dernieres plumes qu'ils retrouvent leur plumage impermeable.
Apres cette visite interessante on continue la route et au bout de quelques jours on arrive finalement a la ville la plus sud du monde entier: Ushuaia.