16/10/08 - L'ile du Nord
A l'ile du Nord on embarque dans le port de Welligton. On commence par consacrer du temps a notre blog, car rien n'a ete publie depuis bientot un mois et nos lecteurs se trouvent sans doute dans l'attente... Ceci fait, on retourne vers le port, ou en arrivant un bateau a voiles a attire notre attention. Le voilier d'origine argentine fait 'son tour du monde' en 8 mois. L'equipage de 300 hommes, dont 100 matelots en cours de formation, assurent la reussite de l'entreprise courageuse. Le bateau se visite et c'est avec plaisir qu'on profite de cette occasion rare. Le soir tombe deja quand on quitte la ville, mais heureusement on trouve encore une place pour la nuit.
La route vers le nord traverse un region de vignobles. Arrive au centre touristique de l'ile il pleut des cordes. Des bains thermaux, des mares de boue et des geysers actives forment les particularites regionales. Malheureusement la pluie persiste et empeche toute visite.
Tout comme dans le parc national qui se situe plus dans le sud et qui se caracterise par des volcans en activite. Nos projets de decouvrir une partie du parc a pied tombent litteralement dans l'eau. Malgre notre patience la situation ne semble pas s'ameliorer. Des nuages bas empechent toute visibilite et dans ces conditions faire une randonnee n'a aucun sens. Meme les pistes de ski des alentours se voient obligees de fermer. Aujourd'hui, seul les (s)-kiwis en jaune et en noir qui bordent les routes s'aventureront sur les skis... Decu on quitte le parc sans l'avoir visite. Pour la premiere fois le mauvais temps nous empeche reellement d'effectuer nos excursions. On decide de continuer, en faisant un detour en forme de boucle. Les pistes qu'on suit traversent de nouveau un paysage paisible, bien que les sommets des collines ne se laissent que deviner derriere un voile blanc de nuages denses. Les panneaux qui indiquent 100 km a l'heure nous semblent plutot optimiste et prudemment mais surement on poursuit notre chemin.
On arrive dans une ville qui se considere comme 'la capitale de la tonte' de la Nouvelle-Zelande. La statue d'un tondeur s'y fait remarquer de loin. Les statistiques affichees ne peuvent que confirmer l'importance du mouton. Les 8000 fermes elevent 48 millions de moutons sur une superficie totale de 8 millions d'hectares. Avec une population qui atteint les 4 millions, il y a environ 12 moutons pour chaque habitant... La Nouvelle-Zelande garanti 25% de la production mondiale de laine. En ajoutant a ceci le nombre enorme de vaches laitieres, et le pays ne peut etre rien d'autre qu'une grande prairie verte ou les animaux broutent les collines en toute tranquilite.
Notre prochaine halte consiste a une visite des grottes a vers luisants de Waitomo. Bien que tres touristique, visiter les grottes particulieres, semble presque obligatoire. Elles offrent un environnement ideal pour "l'arachnocampa luminosa", une espece de ver luisant propre a la Nouvelle-Zelande. Le ver adulte ressemble a un gros moustique et le cycle de l'insecte connait des stades differents. Les larves, suspendues au plafond de la grotte, batissent un nid constitue de filaments. A l'etat larvaire une reaction chimique a base de luciferine rend possible d'emettre une lumiere verte. D'autres insectes ainsi attires par la lumiere visible se piegent dans les filaments et constituent la nourriture des larves immobiles. Un voyage en bateau sur la riviere souterraine nous fait decouvrir ce ciel d'etoiles bien particulier. Apres le stade de la pupe le ver devient adulte. L'accouplement se fait immediatement et lorsque sa seule fonction est de se reproduire l'insecte, depourvu d'une bouche, meurt de faim au bout de quelques jours.
Notre sejour commence a se raccourcir. Pour la derniere semaine on part vers l'extreme nord. Ce qui nous y interesse en particulier est la presence du plus grand et du plus celebre arbre originaire du pays: le Kauri. Bien que tres repandu dans le passe, l'espece est devenue rare de nos jours, suite a l'abattement des arbres sur une grande echelle a la fin du 19-ieme siecle. A l'epoque la transportation des buches gigantesques s'accomplisait a l'aide de la force des chevaux, des boeufs et du courant de l'eau des rivieres, avant que le train a vapeur ne fasse son introduction. Le bois obtenu etait un des meilleurs au mond, car les troncs majestueux permettaient de decouper des planches longues et larges. Mais egalement la gomme interessait l'homme. Cette resine secretee par l'arbre s'utilisait dans plusieurs domaines et devenait une industrie lucrative. Sa recolte finissait par endommager l'arbre. Heureusement, l'interdiction de toute exploitation a su preserver quelques exemplaires. Le plus grand Kauri existant est estime a 2000 ans et porte le nom 'seigneur de la foret'. Sa circumference est de 14 metres. Le tronc denue de branches atteint a lui seul 18 metres, tandis qu'avec son houppier massif l'arbre atteint une hauteur impressionnante de 51 metres! Son nom de seigneur nous semble bien merite.
L'Amerique latine se rapproche et il est temps d'etudier la suite de notre grand periple. Heureusement on peut compter sur l'aide de mon frere, qui traverse depuis deux ans le continent en velo et qui est devenu un expert dans la matiere. On change completement l'itineraire initial et on decide de faire notre trajet dans le sens oppose. Bien qu'on a des vols jusqu'a Rio de Janeiro en Bresil, on decide de ne pas aller plus loin que le Chili. Santiago deviendra notre point du depart d'ou l'exploration d'encore un autre continent peut debuter. On trinque sur nos nouveaux projets, tandis qu'on prend conscience du sentiment d'etre privilege...