02/10/08 - La Nouvelle-Zelande: l'ile du Sud
Le vol vers "l'autre bout du monde" ne prend que trois heures a partir de Sydney. Nous avons deux jours devant nous dans la ville d' Auckland, avant d'aller chercher notre camping-car deja reserve chez la compagnie de 'wicked'. En visitant le centre c'est plutot par hasard qu'on tombe sur d'autres compagnies de location de voitures. Tres vite on se rend compte que pour le meme prix du bus elementaire avec lequel on a voyage a travers l'Australie, on peut se procurer ici un camping-car qui depasse toutes nos attentes concernant ses dimensions et son luxe fournis. L'inspection du bus Toyota qui est non seulement parfaitement equipe mais en plus eleve ne rend le choix pas dur bien que, en changeant de compagnie, on perd nos couts de reservation deja regles. Le confort qu'on gange est enorme et a cela s'ajoute qu'une petite maison sur roues se prete bien mieux d'abri contre les intemperies qui caracterisent malheureusement la Nouvelle-Zelande. D'une facon inattendue on quitte la ville non pas dans un 'wicked' drolement peint mais dans un bus qui porte le nom bien-choisi "Explore More".
Le dernier hiver, passe sur le continent Africain, a considerablement augmente notre envie d'aller skier. On decide d'atteindre au plus vite possible l'ile du Sud, ou on profite de deux jours de ski fantastiques. Le temps ensoleille, les paysages splendides et les conditions de neige parfaites, nous suffisent largement pour faire oublier la saison manquee a Super-Besse et les Alpes Fancaises.
Se trouvant dans le Sud, il est temps de visiter le premier parc national. Le 'Mount Cook' represente avec ses 3755 metres le sommet le plus haut du pays. Une promenade spectaculaire nous emmene jusqu'au pied de la montagne, ou un glacier se devoile devant nous. A peine quelques kilometres plus loin on decouvre, apres la montagne la plus haute, le glacier le plus important de l'ile. Comme partout dans le monde le rechauffement de la planete en est responsable que le glacier de Tasman fond avec le temps. Tandis que sa base se retire au fur et a mesure, le lac qui n'etait guere plus grand que quelques flaques il y 20 ans, ne cesse de s'agrandir. Les icebergs de dimensions differentes qui flottent dans l'eau forment les temoins silencieux de ce changement irriversible. Il n'y a que 100 ans, la place ou on se trouve aujourd'hui pour profiter d'une vue panoramique, se localisait sous le niveau meme du glacier.
Avec notre 'Explore More' on va explorer l'extreme Sud. La randonnee la plus renommee dans le Fiordland parc national se trouve encore fermee du au risque d'avalanche a cette epoque de l'annee. On se contente d'une croisiere entre les fiordes qui mene vers l'ocean et ainsi on decouvre des otaries, des dauphins et des pingouins rares a couronne jaune. Dans le meme parc on profite du beau temps pour roder nos nouvelles chaussures de marche en faisant une randonnee de deux jours. Des qu'on a gagne suffisamment d'hauteur pour laisser les arbres derriere nous, les panoramas sont recompensants. La hutte a l'air abandonne en ce debut du printemps, bien qu'avec ses deux dortoirs il a une capacite de 60 lits. Au crepuscule on recoit la compagnie d'un couple provenant d'Alaska. Peut-etre que la temperature dans la hutte ne leur importe peu, mais demarrer le poele au bois reste pour nous une priorite. Il ne prend pas longtemps avant qu'on demenage les matelas des dortoirs vers le salon rechauffe. A notre reveil le jour s'annonce sous une lumiere orange et les paysages colorent d'une facon magique le bref instant du soleil levant.
On se demande ce que la Nouvelle-Zelande peut offrir hors les circuits frequentes. L'extreme sud-est, qui n'est meme pas mentionne dans notre guide touristique, vaut pour nous la peine d'un detour. Le climat tropical de l'ile permet la culture d'une variete de fruits qui nous surprend. Mais ce qui nous empressionne encore plus sont les collines vertes a perte de vue peuplees de moutons. On dirait des terrains de golf plutot que des prairies. Les fermes extremement soignees s'etendent sur plusieurs milliers d'hectares. On se trouve en pleine saison d'agnelages et les quelques troupeaux qui changent de pature forment grace a leur importance un spectacle a ne pas manque. Tout comme le nombre de vaches laitieres qui monte la pente vers la salle de traite, et qui prouve une fois de plus que l'elevage ici ne se fait pas sur petite echelle. Bien que la Nouvelle-Zelande semble le pays promis pour s'installer avec une ferme de moutons ou de vaches, l'investissement doit etre enorme.
On suit de nouveau la trace des autres camping-cars en se dirigeant vers la cote ouest. Deux glaciers spectaculaires s'y sont formes a seulement quelques kilometres de la mer. Ils peuvent se maintenir grace a la precipitation excessive qui caracterise l'endroit. Les 5 metres de precipitation annuelle dans le village de 'Franz Josef' se traduit en 45 metres de neige par an en haut de la montagne. En profondeur la neige se compacte en cristaux et la masse de glace ainsi formee descend la montagne en formant un glacier. Le phenomene d'une pluie inhabituelle ne se fait pas attendre car en arrivant il pleut des cordes. Les 3,5 cm d'eau par heure annonce n'est loin d'un mensonge et sur le terrain de camping c'est en courant qu'on fait le trajet vers les toilettes. La decision de ne pas supporter longtemps ce vrai deluge est vite prise, si ce n'etait pas que le lendemain on se reveille sous un ciel bleu et un soleil eclatant. Il reste difficile de s'habituer a la variabilite du temps qui nous emmene quatre saisons dans la journee. Apres avoir visite les deux glaciers on s'inscrit pour une excursion pour le lendemain. Accompagne d'un guide on s'aventure sur le glacier, des crampons aux pieds. Se promener sur la glace bleue et decouvrir de pres les sculptures de glace qui ressemblent parfois a des veritables pieces d'art, restera une experience inoubliable!
On traverse l'ile pour atteindre Christchurch, l'unique grande ville de l'ile du Sud. Bien que les villes sont un peu decevantes, les paysages continuent de nous etonner. Peu importe la direction qu'on suit les panoramas sont sublimes. Comment trouver suffisamment d'adjectifs pour decrire correctement les collines paisibles ou broutent les moutons, les pents boisees d'une foret quasi tropicale, et les lacs de glaciers d'une couleur bleue claire dans lesquels se refletent les sommets enneiges. Depuis les 11 mois qu'on voyage dans le monde, rien de ce qu'on a vu equivaut la beaute de la nature qu'on decouvre ici.
Quitter l'ile du Sud demande un voyage de trois heures en bateau. C'est avec etonnement qu'on decouvre que quelques betailleres chargees de vaches laitieres font le trajet avec nous. Au moins on ne sera pas les seuls a explorer l'ile du Nord!