31/07/08 - De Darwin a Broome
Il est difficile de dire que conduire en Australie represente un defi. La meme route nous mene sur 1500 km de Alice Springs dans le centre du pays vers Darwin dans l'extreme Nord. On se pose la question pourquoi l'Australie devrait etre aussi grand?! Les routes droites et interminables ne sont pas un plaisir, pour personne. Le cycliste doit se demotiver a chaque regard vers l'horizon, tandis que l'automobiliste se trouve devalise apres chaque arret a une station-service.
Quand finalement on arrive a Darwin, on s'installe a Mindil Beach. Le climat tropical dans le Nord du pays connait des hivers secs et chauds. Avec des temperatures qui grimpent jusqu'a 35 degrees on trouve facilement le chemin vers la plage. Dommage que l'acces a l'eau se restricte. Apart une population importante de crocodiles d'eau salee, des meduses venimeuses rendent la cote dangereuse et inapte a la baignade. De temps a autre notre plage, generalement tranquille, se transforme lors des grands evenements. Des marches nocturnes attirent des milliers de gens. Une competition entre des canots a rames, entierement construits des canettes de biere, rassemble encore plus de spectateurs. Mais egalement la centre de la ville est vivante et tres animee. On peut s'y balader sur l'Esplanade qui longe la cote, se promener dans les jardins botaniques, prendre le temps de savourer un capucino a la terrasse, ou s'allonger dans un des fauteuils au cinema en plein air. Comme par hazard on tombe dans la semaine de la film francaise et a deux reprises on s'installe entre les coussins, en attendant les etoiles. Au debut de chaque tournage on conseille d'eteindre le portable pour ne pas deranger les chauves-souris qui survolent l'ecran... Avant de quitter la ville on cherche l'agence de la compagnie 'wicked' qui nous loue le camping-car. Un pneu use d'une facon irreguliere fait tirer le bus vers la gauche. A peine quelques instants plus tard deux nouveaux pneus sont montes a l'avant et notre bruleur a gaz echange contre un exemplaire non-rouille. Quel service!
On prend la route vers le Sud pour s'arreter a Litchfield, le premier parc nationale. Les termitieres soi-disant 'magnetiques' y forment la premiere attraction. Bien que moins spectaculaires que les termitieres 'en colonnes' qui peuvent atteindre les six metres, leur construction est bien plus ingenieuse. Ces demeures en forme de plaque representent tous la particularite d'etre alignees sur un axe nord-sud stricte. Ainsi, les termites peuvent se rechauffer cote est au soleil levant, pour se refugier dans le centre au plus chaud de la journee. La thermoregulation interne qui previent avec succes que les termites se brulent, montre une fois de plus l'habilete dont la nature se sert pour resoudre des problemes delicats. La deuxieme attraction du parc forment les chutes d'eau accessible au public. Des petits ruisseaux forment des toboggans naturels, qui remplissent des troux d'eau suffisamment profond pour y plonger. Des rivieres forment des etangs qui menent le nageur au pied de la chute.
Plus d'eau encore nous attend dans le 'Katherine Gorge', le deuxieme parc nationale ou on s'arrete quelques jours. La gorge impressionante forme un environnement ideal pour des promenades, mais la meilleure facon de decouvrir l'endroit reste en canoe. La location d'une journee permet de decouvrir, sur une distance de 18 km, trois gorges consecutives. Du a la periode seche le niveau d'eau ne peut pas se maintenir et des roches qui emergent de l'eau font que differentes gorges se sont formees. Pour pouvoir passer ces passages difficiles, on se voit oblige de porter le canoe. Quoi que, sur le chemin du retour, le courant et beaucoup d'audace rendent possible qu'on passe de gorge en gorge sans quitter le bateau.
Le lendemain on est tres matinale et ce n'est pas sans raison. Le Katherine Show a sur son programme un vrai rodeo. Et s'il y a quelques chose qu'on veut voir a tout prix c'est bien cela! On arrive tellement de bonne heure que 'a tout prix' devient 'gratuit', lorsque le guichet de vente des billets se trouve encore ferme et on passe par l'entree des participants... Le terrain est en pleine preparation et on prend le temps de tout observer. Le gamin assis dans sa poussette, vetu d'un chapeau en velours et des bottes en cuir portant des eperons, exprime l'image meme de la culture cowboy australienne. Au bout de quelques heures l'organisation se termine. Les premiers taureaux sont captures en box individuel et soigneusement prepares pour l'evenement. Une premiere corde est fixee au niveau du flanc de l'animal pour le faire ruer au maximum. Une deuxieme corde sert le thorax. Elle est pourvu des cloches qui augmentent considerablement le facteur enervement chez le taureau, et d'une boucle auquelle le cowboy peut se tenir. Le temps est venu pour que le cascadeur monte sur le dos de l'animal. Il ne lui reste plus qu'attacher sa main, protegee d'un gant, a la boucle. Les barrieres sont pretes a s'ouvrir et le spectacle peut commencer. Des que le taureau s'apercoit de sa liberte il se lance dans l'arene poussiereuse. Sautant et ruant il essaie de se liberer des cordes, des cloches et de son cowboy. Mais celui-ci rassemble toutes ses forces pour devenir le meilleur de tous et de rester en place aussi longtemps que possible. Quoi qu'il en soit, c'est le plus fort qui gagne et chaque performance se termine par une chute inevitable. Mais le suspense ne s'arrete pas la, car le taureau revient a la charge. Ceux qui sont rapides et lestes se trouvent deja en securite a l'autre cote de la barriere, mais ceux qui ont chutes dur ont besoin de l'aide. C'est a ce moment que les clowns entrent en scene. En tenue coloree ils essaient de distraire le taureau par tous les moyens imaginables. Le temps ainsi gagne permet le cowboy de se redresser et de se sauver en vitesse. L'intervention des clowns est plus que heroique. Pour sauver leur camarade ils mettent en jeu leur propre vie. Quand un des participants attache trop sa main, l'accident se produit. Impossible de se liberer apres sa chute il balance dangereusement entre les pattes du taureau toujours affole. Il faut quatre hommes et quelques minutes palpitantes pour liberer la main. Quand le nuage de poussiere s'eclairci, le cowboy et un des clown restent immobile par terre. Ils sont emmener en ambulance ensemble, mais heureusement l'absence de toutes blessures graves se confirme plus tard. Dans le monde des cowboys il faut affronter les risques pour devenir un vrai heros...
Apres le rodeo on quitte la ville de Katherine. La route a change de nom, mais les 1500 km qui nous distancent de la ville de Broome sont toujours aussi ennuyeux a parcourir. De plus que tous les sites touristiques a voir le long de la route ne sont accessible qu'en voiture a quatre roues motrices. N'ayant pas d'alternatives on continue, se contentant des arrets sous les baobabs gigantesques. On fete la deuxieme anniversaire de notre mariage avec une raclette sur bruleur a gaz (ne pas evident, mais ne pas impossible). La vegetation pauvre ne facilite pas la ramassage du bois, mais un feu de camp bref conclue tout de meme la soiree intime.
Quand on arrive a Broome le lendemain une autre anniversaire nous attend: cela fait exactement neuf mois qu'on est en route! Une promenade sur la plage restera en souvenir. Cette premiere ville de la cote ouest de l'Australie nous retient plus longtemps que prevu. Et ce n'est pas son histoire de perles qui en est responsable, mais ses couleurs exceptionnelles: l'eau turquoise se perd dans le sable blanc et les rochers terre cuite.