La Namibie est un pays des vastes paysages, ou la secheresse determine la vie de ses habitants, qui se sont par necessite concentres dans les quelques villes que le pays est riche. Voyager a travers la Namibie n'a rien avoir avec l'Afrique du Sud, ou partout on resent l'esprit Europeen.

Dans les preparations de notre visite a Kaokoland, l'extreme nord-ouest de la Namibie, on decide de garer notre Volkswagen a Swakopmund et de continuer avec une Landrover. Une fois en route avec cette voiture tout-terrain, la tente sur le toit, on se sent des vrais aventuriers de la brousse. Au bout de trois jours on atteint la riviere qui forme la frontiere naturelle avec l'Angola et qui chute brusquement sur son traject pour former les cascades d'Epupa. Kaokaland est le pays d'origine de deux groupes ethniques, Herero et Himba. Ils menent une vie semi-nomade et survivent de leurs troupeaux de chevres, de moutons et de quelques vaches. Leurs cabannes rondes sont construites de bois et de terre et obtiennent une forme d'iglo. Selon la tradition ils appliquent un melange de beurre d'ocre et de vaseline sur le corps, ce qui donne a la peau une couleur brune sans egalite. La coiffure exprime un status celibataire ou marie. La poitrine se porte non-couverte et une ceinture en cuir de chevre forme leur unique habit. Face a une femme Himba on peut ressentir, malgre la distance qui nous separe, que fierete et tradition sont leurs uniques valeurs a defendre.
Apres quelques jours le temps change, il pleut tellement que les routes se transforment en rivieres. En traversant une vraie riviere, notre tout-terrain s'enterre dans le sable mouille. Au bout d'une heure de marche on atteint le village le plus proche et sous une pluie diluvienne une dizaine de personnes et l'unique tracteur du bourg viennent a notre secours. Notre itineraire connait un changement radical, mais meme apres avoir choisi les routes les plus sures on se trouve quelques heures plus tard bloque devant une riviere qui deborde largement le pont. Une longue nuit de patience apporte la solution.
Quand on arrive enfin dans l'ouest de Kaokoland, apres un grand detour, le paysage forestier change et petit a petit le sable gagne terrain. On decide d'entreprendre une vraie route de 4x4 et sans le savoir notre journee la plus excitante de notre voyage debute. La route, qui n'est pas plus que quelques traces de pneus, nous mene a travers un paysage desertique ou antilopes, giraffes et autruches se maintiennent des que la moindre vegetation reussit a pousser. Quand au bout de 80 km notre chemin doit changer de direction on se perd dans les traces. En etudiant l'environnement on decouvre dans la riviere seche des elephants du desert et retrouver le bon chemin n'est plus notre priorite. La descente en voiture nous parrait osee et on redoute la reaction des six elephants sauvages sur la presence d'une voiture, alors on poursuit a pied. Lentement, sans faire du bruit, le coeur battant on approche les elephants. Soulage, on retrouve la securite de notre voiture car notre plus grande angoisse se voit confirmee, des lions logent dans la region...On poursuit la route et par miracle on croise une autre Landrover a qui on demande la bonne direction a suivre. Leur equipement de cartes detaillees, connection radio et gps, contraste radicalement avec notre boussolle comme seul point de repair. On suit les traces de notre sauveur, bien qu'il s'avere difficile de distinguer les nouvelles traces des anciennes. Notre chemin continue a suivre la riviere, seche jusque la. Apres une dizaine de kilometres un autre probleme se pose. Un ruisseau se forme, ce qui transforme la terre en boue. Henk fait ce qu'il peut pour guider la voiture a travers de ces passages difficiles. Rester coincer ici serait plus que inquietant car on ne peut compter sur aucune aide. Des qu'on apercoit des traces qui quittent la riviere on tente notre chance et finalement au bout de sept heures et de 195 km on retrouve la route normale. Longtemps on se souviendra de notre aventure 4x4!!